Procédés et innovations industriels

Le Service Procédés et Innovations Industriels d’eRcane, créé en 1985, participe à l’optimisation des procédés de récupération du sucre. Une équipe d’ingénieurs et de techniciens intervient à tous les niveaux du process et mène des programmes de recherche et développement à destination de la filière.

L’appui au process sucrier

L’amélioration de la performance industrielle est un souci permanent des sucreries : cette démarche est importante pour apporter des gains de productivité à la filière : maximisation de la récupération du sucre, optimisation des consommations énergétiques…

Le Service Procédés et Innovations Industriels d’eRcane effectue des missions régulières pour satisfaire à des demandes (audits de laboratoires, vérification de procédés, recherche des causes de pertes en sucre…). Il répond également aux demandes d’analyses présentées par les usines sucrières extérieures à La Réunion, pour tous les différents produits de la canne : sucre, sirop, mélasse, masse cuite…

Il a déjà exporté ses compétences dans plusieurs pays en Afrique (Maurice, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal, Gabon, Burkina-Faso, Tanzanie…), aux Antilles (Martinique, Guadeloupe), au Brésil…

eRcane a lancé en 2007 un programme de recherche innovant, visant à identifier des indicateurs de la qualité technologique des cannes à sucre. De nombreux paramètres vont influencer la composition de la canne elle-même mais également affecter les performances de la sucrerie pour la récupération du sucre.

C’est une thématique impliquant à la fois des travaux aux champs, en laboratoire et dans la sucrerie. Parmi les sujets étudiés, la dégradation de la canne lors du délai récolte-broyage, le gradient de sucre dans la tige de canne, la répartition de la canne livrée en tige usinable, feuilles, chou…

Ces thèmes sont abordés sur plusieurs aspects : l’impact des pratiques des planteurs sur la composition de la canne, la conséquence sur l’achat de la matière première et l’impact sur le procédé de récupération du sucre.

Le laboratoire Emile Hugot

Principal outil à sa disposition, le laboratoire Emile Hugot possède tous les équipements analytiques nécessaires à la caractérisation des produits de l’industrie sucrière. Certifié ISO 9001 depuis 2019, il sert de référence aux deux sucreries réunionnaises et travaille en relation avec l’ICUMSA (International Commission for Uniform Methods of Sugar Analysis).

Pour mener à bien ses projets de recherches et garantir la fiabilité de ses résultats, le laboratoire du Service Procédés et Innovations Industriels est équipé des matériels communément présents dans les laboratoires industriels (polarimètre, réfractomètre, pH-mètre …), mais aussi d’outils de pointe :

  • HPIC Dionex Integrion (chromatographie ionique à haute performance) pour la mesure des sucres, acides organiques et polyols
  • HPLC Dionex Ultimate 3000 (chromatographie liquide à haute performance) pour la mesure des acides aminés et des polyphénols
  • Spectromètre d’Absorption Atomique de Flamme (PinAAcle 500 – Perkin Elmer) pour la mesure des ions (calcium, phosphore, potassium)
  • Dispositif d’analyse d’image (Granulimage) pour la mesure des cristaux de masse cuite
  • D’une hotte pour l’utilisation de produits chimiques
  • D’évaporateurs rotatifs
  • Des extracteurs soxhlet
  • De colonnes chromatographiques séparatives (Omnifit Solvent plus – Gilson) (100 mL – 600 mL) munies d’un collecteur de fractions (FC 204 – Gilson)

Le savoir-faire du service est aussi mis à disposition des complexes sucriers extérieurs avec la réalisation d’analyses à façon, de formation et de missions d’expertises (Afrique, Antilles, Brésil…)

Chromatographie ionique HPIC

Spectromètre d’Absorption Atomique de Flamme, colonne chromatographique séparative munie du collecteur de fractions

L’innovation

Le Service Procédés et Innovations Industriels conduit différents programmes de Recherche et Développement, facteurs d’innovations dans la filière. Ces programmes portent sur l’adaptation ou le développement de méthodes analytiques adaptées à tous les produits de la canne, la création de nouveaux outils.

Un autre aspect de l’innovation mis en avant dans le service est la recherche de nouveaux débouchés pour la canne en complément des valorisations actuelles. En effet, la canne à sucre est une plante idéale pour servir de base à une bioraffinerie : elle permet déjà de produire du sucre, débouché alimentaire, mais aussi de l’électricité avec la bagasse, des amendements organiques avec l’écume et de l’alcool avec la mélasse. Ainsi, tout comme le pétrole brut qui est fractionné en de nombreux produits (carburant, plastiques, produits chimiques…), la bioraffinerie utilise des procédés de séparation des différents constituants des plantes et leur offre des voies de valorisation.

Bioraffinerie de la canne à sucre, en rouge les valorisations actuelles, en vert celles à l’étude